La femme ornithorynque

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Lundi 13 décembre. 2H33 du matin. Paris, 13 rue Pasteur, appartement 12. Chambre à coucher.

Le verre est presque vide. Je porte la dernière goutte à mes lèvres, renverse la tête pour qu'elle coule bien jusqu'au fond du gosier et repose le verre sur la table de nuit. Étourdi par les vapeurs de l'alcool, j'écoute ma respiration, les yeux mi-clos. À cette heure de la nuit, tout est calme. Parfois une rumeur de voiture qui passe. Je décide de refaire une tentative. Je tends la main, éteins la lampe de chevet et reste plongé dans la nuit. Yeux grands ouverts, Oreilles aux aguets. Tout d'abord : rien. Je suis habitué. C'est au premier relâchement qu'elle vient. Progressivement, je me détends, puis, je serre les dents et décide de fermer les yeux. Je dois dormir. 

JE. DOIS. DOR.MIR. 

J'inspire profondément, me replonge bien dans les draps et referme les paupières. Dix minutes passent. Elle n'est pas là. Je peux m'endormir. Je vais m'endormir. Demain matin, j'aurai gagné un peu de répit.

 

Puis, elle est là.

Publié en novembre 2019 dans le recueil de nouvelles "Angoisse(s)"

en vente au prix de 10€ à La Marge, 7 rue de Frémur 49000 Angers (ou 6€ aux points de vente de la Marge

Vente en ligne: https://www.atelierlamarge.fr/catalogue/articles/

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